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Pour la plupart des propriétaires d’entreprises canadiens, l’année 2026 n’a rimé ni avec récession ni avec reprise. Pour eux, le véritable défi consiste plutôt à préserver leurs marges alors que les coûts ne cessent de fluctuer. L’Enquête sur la situation des entreprises du deuxième trimestre de Statistique Canada illustre clairement cette pression : 64,3 % des entreprises s’attendaient à des obstacles liés aux coûts au cours des trois prochains mois, contre 58,9 % au premier trimestre, et près de la moitié prévoyaient que l’inflation constituerait un facteur défavorable persistant.1
Il ne s’agit plus seulement d’un problème d’exploitation, mais bien d’un enjeu d’évaluation.
La plus récente Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada va dans le même sens. De nombreuses sociétés ont indiqué que la hausse des coûts des intrants, entraînée par les prix de l’énergie, le fret et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, est difficile à répercuter aux clients. La faiblesse de la demande, les contrats fixes, la pression concurrentielle et les marges minces limitent tous la capacité de réévaluation. Certaines sociétés ont indiqué qu’elles subissaient déjà une compression de leurs marges en conséquence.2 La part des entreprises qui prévoient une récession a presque doublé depuis le trimestre précédent.3
C’est la question qui compte le plus pour les propriétaires qui pensent à la valeur : lorsque les coûts augmentent, qui éponge les pertes — et êtes-vous en mesure de le prouver?
Dans un environnement stable, les acheteurs pourraient souscrire des marges historiques robustes et supposer une légère turbulence. Dans le contexte actuel – marqué par une récession technique,4 un ACEUM soumis à un examen annuel sans reconduction automatique5 et des coûts d’intrants élevés —, cette hypothèse ne tient plus. Les acheteurs vérifient si les marges sont durables, et non seulement si elles étaient saines l’an dernier. Ils veulent savoir quels clients acceptent les augmentations de prix, quels contrats permettent un réajustement tarifaire, où se situent les risques de concentration et si la direction protège activement la rentabilité au niveau des produits et des comptes.
Le pouvoir de fixation des prix, dans les faits, ne se résume pas à la question : « Pouvons-nous augmenter nos prix? » C’est la capacité de protéger la rentabilité lorsque les conditions deviennent moins clémentes. Parfois, cela signifie une réévaluation des prix. Parfois, cela signifie repenser la gamme de produits, diversifier les fournisseurs, resserrer le fonds de roulement ou abandonner des revenus qui gonflent le volume mais détruisent de la valeur. Le fil conducteur est le contrôle, et c’est précisément pour ce contrôle que les acheteurs acceptent de payer une prime.
1. Établir une réconciliation de la marge. Sachez exactement ce qui s’est passé au cours des douze derniers mois en ce qui concerne les coûts de la main-d’œuvre, du transport de marchandises, de l’énergie et des matériaux, et déterminez où ces coûts ont été absorbés par rapport à l’endroit où ils ont été répercutés. C’est le premier document qu’un acheteur averti demandera lors de la vérification diligente.
2. Examinez la composition de votre clientèle et de vos contrats. Quelles relations vous laissent la marge de manœuvre nécessaire pour réévaluer vos prix lorsque les coûts varient? Lesquelles vous coincent dans des conditions financières fixes alors que vos coûts de production fluctuent? La réponse détermine le niveau de résilience de vos bénéfices sous pression.
3. Obtenez une vision actuelle de la valeur. Dans le marché actuel, la question n’est pas seulement de savoir ce que votre entreprise a gagné. Il s’agit plutôt de déterminer à quel point ces bénéfices sont crédibles pour l’avenir. Un profil d’évaluation de référence actualisé – incluant les leviers précis qui renforceraient la qualité de la marge – vous donne une marge de manœuvre, que vous réalisiez une transaction cette année ou dans cinq ans.
La ligne de démarcation la plus importante en 2026 ne court peut-être pas entre les entreprises qui ont pris de l’expansion et celles qui n’en ont pas pris. Elle différenciera peut-être les entreprises capables de défendre leur marge de celles qui en sont incapables.
Dans ce marché, la ligne de marge est la ligne de valeur.
Pour de plus amples renseignements et des conseils sur l’expansion ou la vente de votre entreprise :
Visionnez la revue des marchés trimestrielle de Pierre-Benoît Gauthier pour une analyse concise du contexte économique, de la confiance des investisseurs et de ce que les conditions actuelles pourraient signifier pour les propriétaires d’entreprise qui prennent des décisions en matière de croissance, de capital ou d’opérations.
Le deuxième trimestre de 2026 a donné lieu à 45 opérations de fusions et acquisitions, le meilleur résultat trimestriel depuis le quatrième trimestre de 2025, et près du double des 25 opérations enregistrées au deuxième trimestre de 2025. Le premier semestre de 2026 totalise 78 fusions et acquisitions et 74 placements privés au Canada pour 152 opérations combinées. Ce changement est significatif : les placements privés ont ralenti par rapport à leurs récents sommets, tandis que les acquisitions se sont accélérées. Lorsque les propriétaires commencent à privilégier la sortie de l’actionnariat plutôt que le capital-développement, cela signale un marché qui mûrit vers la consolidation, et cela crée une réelle occasion pour les propriétaires qui envisagent une sortie totale ou partielle.

Selon McMillan S.E.N.C.R.L., s.r.l., « Following July 1st Review, CUSMA Remains in Effect Until 2036 », 4 juillet 2026; et les commentaires du ministre LeBlanc après cet examen, rapportés par le Canada’s National Observer le 6 juillet 2026.
La technologie de l’information a dominé tous les secteurs par le nombre d’opérations, avec 73 transactions, soit près de 25 % du total des activités, et a été suivie de près par les matériaux, avec 71 transactions. Mais en dollars, la situation s’est considérablement inversée : les matériaux ont dominé à 50,5 milliards de dollars, et l’énergie a généré 35,1 milliards de dollars sur seulement 16 transactions. Le secteur de la santé a également été actif avec 39 opérations et 17,7 milliards de dollars. La divergence entre le volume et la valeur est révélatrice : les secteurs affichant la valeur par transaction la plus élevée se concentrent dans les ressources et les sciences de la vie, où la valeur se développe à travers un nombre restreint d’opérations de plus grande envergure.


Les données sur les opérations proviennent de S&P Capital IQ. Le nombre de fusions et acquisitions et de placements privés correspond aux opérations portant sur des sociétés privées canadiennes de plus de 10 millions de dollars canadiens. Les ratios de valorisation s’appuient sur un échantillon nord-américain plus large, ce qui permet d’avoir une taille d’échantillon suffisante pour le calcul des médianes.
L’Ontario a revendiqué 120 des quelque 300 opérations sur 12 mois, ce qui confirme son rôle de centre de fusions et acquisitions au pays. La Colombie-Britannique (67 transactions) et le Québec (53 transactions) complètent le trio de tête, représentant ensemble environ 80 % du volume total de transactions au Canada. L’Alberta a apporté une contribution significative avec 41 transactions, la part du lion revenant sans surprise aux opérations dans le secteur de l’énergie. Les provinces de l’Atlantique et des Prairies demeurent plus calmes en volume, bien que Terre-Neuve-et-Labrador (cinq transactions) et la Nouvelle-Écosse (huit transactions) affichent une activité modeste – particulièrement dans les secteurs des TI et des services aux collectivités respectivement —, signalant ainsi l’émergence de nouveaux créneaux d’opportunités.

C.-B. : La Vancouvéroise KOHO Financial a levé 130 millions $ CA le 11 juin 2026, d’après une évaluation après financement de 1,33 milliard de dollars canadiens. Parmi les investisseurs notables figuraient le fondateur et chef de la direction de Shopify, Tobi Lütke, le chef de l’exploitation d’Affirm, Michael Linford, BDC Capital et HOOPP Capital Partners.
Alberta : Francisco Partners a conclu son acquisition de l’entreprise calgarienne Blackline Safety Corp. (auparavant TSX:BLN) le 30 juin 2026, dans le cadre d’une opération de retrait du marché évaluée jusqu’à concurrence de 850 millions de dollars canadiens.
Ontario : La province est en tête avec 120 transactions, ce qui représente près de 40 % de l’activité sur le marché intermédiaire au Canada durant les 12 derniers mois.
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David Turnbull, chef des Services-conseils aux entreprises IG, dirige une équipe qui compte des décennies d’expérience dans de nombreux secteurs. Son équipe a accès à un vaste réseau mondial d’acheteurs d’entreprises, tant stratégiques que financiers, et de fournisseurs de capitaux. Elle accompagne les propriétaires d’entreprise dans leur croissance, leurs décisions en matière de capital et leurs opérations en leur offrant des conseils stratégiques, notamment pour les fusions et acquisitions de qualité institutionnelle et les opérations de finance d’entreprise.
1 Statistique Canada, Enquête canadienne sur la situation des entreprises, deuxième trimestre de 2026, 27 mai 2026. Ainsi, 64,3 % des entreprises s’attendaient à des obstacles liés aux coûts au cours des trois prochains mois, contre 58,9 % au premier trimestre; 48,8 % prévoyaient que l’inflation représenterait un frein; et 34 % anticipaient un impact négatif des droits de douane américains au cours des 12 prochains mois.
2 Banque du Canada, Enquête sur les perspectives des entreprises – Premier trimestre de 2026, 21 avril 2026. De nombreuses sociétés se sont dites préoccupées par leur capacité à répercuter la hausse du coût des intrants, évoquant la faiblesse de la demande, les budgets restreints des consommateurs, les pressions concurrentielles, les contrats à prix fixe et un pouvoir de fixation des prix limité. Certaines ont indiqué qu’elles subissaient déjà une compression de leurs marges.
3 Banque du Canada, Enquête sur les perspectives des entreprises – Deuxième trimestre de 2026, 7 juillet 2026 La part des entreprises qui planifient ou budgétisent une récession est passée de 9 % à 17 %. La confiance des entreprises s’est détériorée, la hausse des coûts des intrants et l’incertitude géopolitique pesant sur les conditions. Les sociétés ayant des modèles d’affaires à marge fixe ont fait état de marges minces et d’aucune marge de manœuvre pour absorber les hausses de coûts.
4 Statistique Canada, publication du PIB, 29 mai 2026. Le PIB réel a baissé de 0,1 % en rythme annuel au premier trimestre de 2026, après un recul de 1 % en rythme annuel au quatrième trimestre de 2025, soit deux trimestres consécutifs de contraction, ce qui correspond à la définition d’une récession technique. Les investissements en capital des entreprises ont reculé pour un cinquième trimestre consécutif.
5 Le 1er juillet 2026, les États-Unis ont officiellement refusé de reconduire l’ACEUM dans sa forme actuelle. L’accord n’a pas été renouvelé pour une nouvelle période de 16 ans et fait désormais l’objet d’examens annuels jusqu’à son expiration en 2036. Voir McMillan S.E.N.C.R.L., s.r.l., « Following July 1st Review, CUSMA Remains in Effect Until 2036 », 4 juillet 2026; ainsi que les commentaires du ministre LeBlanc après cet examen, rapportés par le Canada’s National Observer le 6 juillet 2026.
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